Fondation d’Histoire – Communiqué de Presse

La Fondation d’Histoire est le témoin malheureux depuis toujours d’un phénomène récurrent : l’exploitation abusive de l’Histoire de Turquie à des fins politiques. Ce phénomène est désormais de plus en plus fréquent et a aboutit au projet de Taksim Topçu Kışlası (la caserne Topçu), l’un des exemples les plus frappants de la politique de gestion des sites historiques du gouvernement. Un espoir rennait aujourd’hui grâce au combat mené par les stambouliotes depuis des mois et sur de nombreux fronts contre ce projet.

Taksim, cœur d’Istanbul, a toujours subi des pratiques contraires à tous les principes connus d’aménagement urbain et des décisions prises sans consultation de la population. Tout comme le projet de construction du pont pour le métro à Haliç ou du troisième pont au dessus du Bosphore. Les stambouliotes n’avaient donc d’autres choix que la mobilisation pour réclamer leurs droits urbains. Nous contestons la violence policière et la répression contre des manifestants pacifiques dans de nombreuses villes.

L’histoire n’est pas un tas d’événements du passé prêts à être utilisés par ceux qui ont le pouvoir mais un courant continu qui vient du passé et qui s’écoule jusqu’à nos jours. C’est pour cette raison que la place de Taksim comme tout lieu urbain constitue la mémoire historique collective de la ville. Le parc Gezi et son environnement sont donc un patrimoine culturel à protéger pour notre mémoire historique, urbaine et notre histoire sociale. Son témoignage historique s’enrichit encore plus aujourd’hui.

La Fondation d’Histoire est contre la production d’un lieu physique qui serait une réplique de l’ancien, c’est à dire la construction ou la soit disant « re »construction de la caserne Topçu sur l’emplacement du parc Gezi, ainsi que la récente suggestion d’y construire un musée urbain d’Istanbul ayant pour but de rendre le projet plus sympathique. La Fondation d’Histoire, ayant travaillé depuis 10 ans sur la notion de musée urbain et sur le musée d’Istanbul, a ouvert des expositions internationales, a publié des livres dont l’Encyclopédie d’Istanbul ainsi que le magazine Istanbul, elle est donc l’institution qui possède le plus grand savoir du pays pour constituer un tel musée. D’après notre expérience, nous pensons que le principe même de ce musée qui devra témoigner de l’histoire urbaine, documenter l’histoire actuelle et accueillir des débats sur l’avenir de la ville est contradictoire à l’idée de construction d’une réplique.

Enfin, nous souhaitons attirer votre attention sur plusieurs mesures à prendre rapidement. Le gouvernement et l’état devraient rendre transparents les mécanismes de prise de décision sur les villes, notre habitat commun, et mettre en place une gestion participative. Il faudrait cesser de se servir de l’histoire comme une arme idéologique et éviter de prendre des décisions sur les sites historiques ayant pour but de servir des plans idéologiques.

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out / Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out / Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out / Change )

Google+ photo

You are commenting using your Google+ account. Log Out / Change )

Connecting to %s